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historique du Prieuré de Trizay par Jacques Duguet


Litho Auguin 1841 - Abbaye de Tizay

Le touriste qui, traversant le bourg de Trizay, veut s'enquérir auprès d'un habitant de la direction du prieuré, ne doit pas demander le chemin du prieuré mais celui de l'abbaye.

En effet, ce prieuré est appelé localement "l'abbaye", mot prononcé en Charentais "l'abeille" par les anciens. Cette dénomination ne date pas d'hier; nos ancêtres ne faisaient pas la distinction. Quant aux contemporains, ils ne sont, en général, guère mieux avertis des institutions ecclésiastiques. Les panneaux routiers et des cartes touristiques signalent ainsi une "abbaye" à Trizay. Les autorités soucieuses de propagande ne s'en plaignent pas, car une "abbaye" est susceptible d'attirer le touriste, alors que le terme "prieuré " ne dit souvent rien au curieux en quête de "patrimoine". 

Ce prieuré était une dépendance de la lointaine abbaye de la Chaise-Dieu, en Auvergne, qui y entretenait douze ou treize moines à l'origine. L'introduction des moines de la Chaise-Dieu dans le diocèse de Saintes est due au comte de Poitiers Guy-Geoffroy qui, aux environs de 1075, a donné non loin de là, à un abbé nommé Durand, une église dédiée à Sainte-Gemme, avec des terres cultivables, dans une clairière de la forêt de Baconnais, afin de défricher les environs. C'est l'origine du prieuré de Sainte-Gemme, qui fut la plus importante dépendance de la Chaise-Dieu dans le diocèse. 

Par la suite, l'abbaye auvergnate a acquis plusieurs églises dans ce diocèse. Le prieuré de Trizay y était le second en importance mais son histoire est très mal connue, faute de documentation, tout comme est ignoré le passé lointain de la paroisse. En effet, c'est seulement en 1177 que le nom de Trizay figure pour la première fois dans un document connu : un pape désigne alors Trizay parmi les possessions de la Chaise-Dieu. Toujours est-il qu'une communauté y est installée vers 1181 car un moine de l'abbaye de Silvacane, en Provence, arrive alors à Trizay pour faire connaître aux moines résidants qu'un bienfaiteur de cette abbaye est décédé et qu'il sollicite des prières pour le défunt. C'est une coutume du temps, parmi les moines, d'envoyer par les chemins un porteur d'un rouleau de parchemin annonçant un décès, sur lequel les moines visités écrivent souvent quelques mots, voire une prière, en latin, selon l'usage.

Le fondateur du prieuré est vraisemblablement un seigneur de Tonnay-Charente, qui a donné à la Chaise-Dieu presque toute la paroisse de Trizay, à la seule exception de Chambon, au sud. Il a dû appeler des moines lointains à cause de la réputation de défricheurs qu'ils avaient acquise, pour mettre en valeur un terroir alors en grande partie boisé. Ces moines se sont installés au croisement de deux chemins, dont l'un longeait la vallée de l'Arnoult, à l'est.

Leur église a été en grande partie détruite dans des circonstances inconnues et réduite alors à son chevet. Elle n'était plus utilisée en 1843, quand on a construit une petite chapelle à l'entrée d'un nouveau cimetière ; les habitants se rendaient alors à celle de Saint-Hippolyte. Cette chapelle a été remplacée en 1897 par l'église paroissiale actuelle.

Aujourd'hui, l'ancien prieuré apparaît isolé, entouré à peu de distance par des bois qui sont les restes de la forêt du domaine. En effet, les moines n'ont pas attiré leurs tenanciers à proximité, à la différence de ceux de l'abbaye mère qui ont permis la construction d'un bourg sous leurs murs.

Si rien ne subsiste dans les archives au sujet de la fondation, on possède une légende due à l'imagination d'un historien bien connu, Daniel Massiou, qui l'a composée pour se distraire et l'a publiée dans un recueil de " nouvelles ", en 1846. Partant de l'existence d'un nom de lieu, " la Fosse aux Moines ", il a raconté qu'un seigneur de Tonnay-Charente, qui soupçonnait les moines de Tonnay d'avoir abusé de sa fille, a fait ficeler ceux-ci dans des sacs et les a fait jeter à l'eau, en ce lieu appelé la Fosse aux Moines.

Nous épargnerons au lecteur l'exposé des hypothèses sur cette fondation, qui font nécessairement référence à des connaissances que ne possèdent que quelques spécialistes. Pour l'histoire connue du prieuré, nous la présentons sous la forme de dates, cette disposition nous semblant la plus claire et la plus accessible. Nous commençons par la fondation de l'abbaye mère et incluons la fondation du prieuré de Sainte-Gemme.

Fin 1043 : Robert de Turlande, d'une famille d'Auvergne, prend possession d'un lieu désert, sur les plateaux froids et boisés du Livradois (Haute-Loire), à plus de mille mètres d'altitude. Il y édifie un monastère.

1050 : L'évêque de Clermont approuve les réalisations de Robert de Turlande et accorde sa protection au nouvel établissement qui sera connu sous le nom de la Chaise-Dieu, c'est-à-dire " la maison de Dieu ". 

Vers 1075 : le comte de Poitiers Guy-Geoffroy donne à Durand, abbé de la Chaise-Dieu, une église dédiée à Sainte-Gemme, avec des terres cultivables, dans une clairière de la forêt de Baconnais, afin de fonder un établissement pour mettre en valeur des terres sans cultivateurs. C'est l'origine du prieuré conventuel de Sainte-Gemme, qui fut la plus importante dépendance de la Chaise-Dieu dans le diocèse de Saintes.

1177 : Le pape Alexandre III confirme les possessions de la Chaise-Dieu ; parmi ces possessions il désigne Trizay. C'est la première mention connue de cette dépendance de l'abbaye et, aussi, du nom de Trizay.

Vers 1181 : Arrive à Saint-Jean-l'Evangéliste de Trizay, après un long périple, en venant de Sainte-Gemme, le porteur d'un parchemin qui annonce le décès de Bertrand de Baux, bienfaiteur de l'abbaye de Silvacane, en Provence (décédé en 1181). Des moines de la Chaise-Dieu résident donc alors à Trizay.

1226 : Hugues de Tonnay, seigneur de Tonnay-Charente, cède à l'abbé de la Chaise-Dieu la présentation du prieur de Trizay ; autrement dit il renonce à intervenir dans la désignation du prieur qui sera faite par l'abbé seul. Par le même acte, il concède au prieuré le droit de prélever du bois de chauffage dans son bois du Chizé.

1232 : le même Hugues de Tonnay accorde au prieuré et aux habitants de plusieurs paroisses (Saint-Hippolyte de Biard, Saint-Vivien de la Vallée, Monthérault, Echillais, Saint-Étienne de Tonnay, Saint-Clément et Saint-Hippolyte de Tonnay) un droit d'exploit dans un marais appelé la Fuble, sur la rive droite de l'Arnoult, et dans des terres incultes de la paroisse de Saint-Hippolyte. Ce droit n'est pas plus précisément désigné. Le prieur est alors Guillaume de Saint-Astier.

Sans date : Geoffroy de Tonnay, seigneur de Tonnay-Charente, frère du précédent, concède au prieur un droit de chasse pour les oiseaux et " toutes sortes de bêtes ", dans les garennes de Saint-Hippolyte et de Monthérault. Les garennes sont des espaces réservés par le seigneur pour la chasse. 

16 juillet 1240 : Le porteur d'un parchemin signalant un décès relatif à l'abbaye de Soulignac, en Limousin, est à " Saint Jean de Trizay ". 

1273 : Partage entre les héritiers d'un autre Geoffroy de Tonnay, seigneur de Tonnay-Charente et autres châteaux. On constitue sept parts. La paroisse de Trizay est incluse dans la châtellenie des Fontaines de Beurlay, érigée pour constituer une des sept parts.

1300 : Guy de Rochechouart, seigneur de Tonnay-Charente, petit-fils de Geoffroy de Tonnay (ci-dessus année 1273), fait un compromis avec le prieur de Trizay et les habitants des paroisses désignées en 1232, au sujet des droits accordés par ses prédécesseurs, Hugues et Geoffroy de Ton-nay. A l'examen des actes, il reconnaît les droits du prieuré et des gens des paroisses, en retenant cependant pour lui la pêche dans les eaux de l'Arnoult qui arrosent le marais de la Fuble et quinze brasses de chaque côté de l'Arnoult, et en leur demandant une aide pour les frais qu'il doit engager pour participer à une guerre en Flandre. Les intéressés lui accordent deux cents livres " de bonne monnaie courante ". 

Avril 1302 : Lors du chapitre général tenu à l'abbaye de la Chaise-Dieu, l'abbé Aymon doit faire face à une véritable conjuration contre son pouvoir, menée par deux prieurs, dont celui de Trizay, Bertrand " de Bisturre ", docteur en droit canon. De nouveaux statuts sont alors élaborés, qui limitent les prérogatives des abbés. Ils sont entérinés à Rome, dans la basilique Saint-Jean du Latran, le 5 février 1303, en présence de l'abbé et des prieurs contestataires désignés comme procureurs du chapitre. L'article 18 stipule que de nouvelles contributions ne pourront être demandées aux prieurés qu'avec l'assentiment d'un conseil composé de quatre religieux de l'abbaye et de six prieurs représentant les différentes régions. Parmi les six prieurs figurera celui de Sainte-Gemme ou celui de Trizay. 

3 juillet 1313 : par testament, Guy de Rochechouart [celui de 1300] élit sa sépulture dans le prieuré de Trizay, auprès de son père Aimeri de Rochechouart.

1372 : Aveu fait au roi par Louis de Rochechouart, seigneur de Tonnay-Charente et des Fontaines de Beurlay. Il mentionne " le prieur de Saint Jean de Trizay " parmi les gens d'église qui tiennent des choses de lui, en franche aumône. Le prieur ne doit rien d'autre au seigneur que la fidélité. 

XIVe siècle : L'abbé de la Chaise-Dieu perçoit des " procurations ", redevances destinées à couvrir les frais de ses visites aux membres dépendants, qui sont fixées à quatre livres par prieuré. Cependant les gros prieurés sont inscrits pour plusieurs procurations : Sainte-Gemme pour cinq, Trizay pour deux. Le diocèse de Saintes paie en tout quinze procurations. A la même époque, Trizay doit trente sous par an au chambrier de l'abbaye.

26 septembre 1460 : Le prieur de Trizay, le frère Tartarin, baille une déclaration du temporel du prieuré aux commissaires royaux chargés de contrôler le paiement des droits sur les nouveaux acquêts. Le religieux affirme que le prieuré n'a rien acquis dans les soixante dernières années, ce qui n'est pas étonnant, la " guerre de cent ans " étant à peine terminée. L'acte permet de constater que la seigneurie du prieuré s'étend sur toute la paroisse de Trizay, à l'exception toutefois du fief de Chambon, au sud, et que le prieur dispose de toute justice, haute, moyenne et basse, dans sa seigneurie de Trizay.Le prieur doit donc entretenir une cour de justice, dont nous ignorons la composition, et le prieuré doit posséder une salle d'audience et une prison, dont nous ignorons la localisation. D'autre part, pour loger les redevances en nature des tenanciers, il doit avoir une grange, de localisation également inconnue.

XVIe siècle : Les prieurs sont des " commendataires ". Le régime de la " commende " permet à des ecclésiastiques qui ne sont pas moines, voire à des laïcs, d'être nommés abbés ou prieurs par le pape, sur présentation royale. Ces abbés ou prieurs commendataires jouissent des revenus de l'abbaye ou du prieuré sans être soumis à l'obligation de résidence. Ils cumulent d'ailleurs souvent les " bénéfices ". Ils doivent gérer le temporel de leur établissement et payer des pensions aux moines résidants.

Quand un prieur résigne [c'est-à-dire abandonne] son office de prieur, il peut désigner un successeur, qui est généralement admis par le roi et le pape. Cette pratique favorise le népotisme : des prieurs ecclésiastiques résignent en faveur de neveux ou de cousins. Ce népotisme s'observe au XVIe siècle, à Trizay, dans la famille des Goumard, seigneurs d'Echillais et d'Ardillières. C'est ainsi qu'en janvier 1520, le prieur est Charles Goumard, frère du seigneur d'Echillais, qui est en même temps archidiacre d'Aunis et prieur de Soubise. En 1519 il a acquis par échange, à titre personnel, le fief de Chambon, dans la paroisse de Trizay. Il fait son testament le 20 septembre 1531 et est inhumé dans la cathédrale de Saintes, dans la " chapelle des Goumard " qu'il a édifiée en 1530. Son neveu Charles Goumard, fils de François, seigneur d'Ardillières, lui succède. A ce Charles succède son neveu Antoine Goumard, qui est en charge en 1561. On identifie ensuite un Jean Goumard, cousin d'Antoine.

1585 : Les soldats de la Ligue (catholique) installent " à Trizay " une garnison qui évacue la place l'année suivante, devant les succès de l'armée du comte de Laval (protestant). Il ne peut guère s'agir que du prieuré, transformé en place forte pour la circonstance. En quel état les soldats ont-ils laissé le prieuré ? On sait qu'il est d'usage de démanteler un lieu fortifié abandonné pour que l'ennemi ne puisse l'utiliser. 

1638 : Le prieur commendataire est Pierre Maurisse, qui est en même temps abbé de Masdion. Il n'y a plus qu'un moine au prieuré, le sacriste, frère Henri Eschassériau. Un procès entre les deux hommes met en évidence une situation inextricable. Le premier refuse de verser la pension du second pour cause de non résidence et non exercice de sa charge; le second demande au premier de lui assurer un logement et du mobilier au prieuré, afin de pouvoir y résider et y officier. D'après une sommation de Maurisse à Eschasseriau en date du 5 février 1638, ce dernier dispose de deux anciennes chambres des religieux, avec cheminée, dont il s'est contenté pendant cinq ou six ans, mais il réside à Saintes et a fait transporter les meubles du prieuré afin d'en obtenir d'autres. Le curé de la paroisse est alors le seul à officier dans l'église. 

A cette date, il doit y avoir trois chambres, comme aujourd'hui, dont celle qui a une cheminée. 

16 juin 1692 : Il n'y a encore qu'un moine résidant, le sacriste Arnaud de Longueval, prêtre et religieux profès de l'ordre de Saint-Benoît. A cette date celui-ci fait une déclaration de ses revenus. Il déclare que la pension de l'office de sacriste a été réglée par arrêt du parlement à 350 livres par an, payables par quartiers (trimestres) par le prieur, sur laquelle il a payé le don du roi et 6 livres de décimes ordinaires imposés depuis la dernière taxe, et avec laquelle il achète le luminaire, le pain et le vin nécessaires pour la célébration des messes. 

Il a une chambre, deux cabinets et une cave, " le tout dans un méchant air " qui l'oblige à louer une maison de paysan où il demeure depuis quelques années, à raison de 10 livres par an; de plus il a été obligé de " faire une écurie à ses frais et dépens " et il a employé 10 pistoles pour rendre la maison habitable. Il dispose d'un jardin d'environ 3 carreaux (moins de 100 m2), confrontant à l'est au jardin du prieuré, au sud à l'église et des deux autres côtés aux cimetières (sic) du prieuré. Il jouit aussi d'une motte [terrain à jardin] d'environ 6 ou 7 carreaux, confrontant à l'est au bois du prieur, au sud à la motte du prieuré et des deux autres côtés aux marais du dit prieuré. 

19 juillet 1692 : Le prieur commendataire est un prêtre, Henri de Chauvel, qui réside à Paris. Il a confié la déclaration de ses biens à un " praticien de Trizay ", Cosme Giraudot, lequel, en qualité de procureur, fait devant notaire une déclaration qui met en évidence l'état de délabrement du prieuré et donne une idée assez précise du temporel. 

De " vieux bâtiments ", partiellement ruinés, sont occupés partie par le prieur, partie par le sacriste, partie par le curé de Trizay, partie par des fermiers. En annexes sont une basse-cour avec aire à battre le grain, une fuie, une motte, un jardin renfermé de murs en pierres sèches, un autre jardin " entre deux ". Tous ces éléments, contigus, représentent 6 journaux environ (moins de 2 hectares). Le revenu total du prieuré est estimé par le déclarant à 1960 livres, somme sur laquelle le prieur doit payer annuellement 350 livres au sacriste, 300 livres au curé, 250 livres pour les décimes ordinaires.

Les " fermiers " sont des gens d'affaires auxquels le prieur, éloigné le plus souvent, baille à ferme les revenus du prieuré. Quatre personnes semblent alors se partager le local divisé actuellement en trois chambres.

1698 : Le prieur commendataire est François-Louis de Polastron, évêque de Lectoure.

1712 : Il n'y a toujours qu'un régulier, Charles David, prêtre, religieux profès de l'ordre de Saint-Benoît, qui se dit sacristain et prieur claustral dans une lettre adressée à un ministre non désigné, datée de Rochefort, 9 juin 1712. Il réside à Tonnay-Charente parce que son logement au prieuré n'est pas habitable. Depuis le 15 juillet 1711, date de prise de possession de sa charge, il n'a pu obtenir la moindre réparation du prieur commendataire, Olivier-François de Fourcy, abbé de Saint-Ambroise et chanoine de l'église de Paris. De plus ce dernier refusait de lui verser sa pension pour cause de non résidence au prieuré et il a dû recourir à la justice pour l'obtenir. Pourtant, affirme-t-il, " il y a assez de revenus pour y entretenir trois religieux comme on faisait autrefois, et la cherté des blés et du vin l'a fait monter ces quatre dernières années deux fois plus haut qu'il n'était avant l'an 1709 ". 

Il signale que la salle capitulaire sert d'écurie où on donne le foin aux chevaux sur l'autel, et de " toit à de sales animaux " qu'il n'ose nommer, par déférence pour le destinataire, alors que, " par tradition, on croit que les corps de plusieurs saints religieux qui ont animé cette maison s ont inhumés " dans cette salle. Il fait aussi savoir au ministre que le prieur fait abattre à son profit une grande quantité de bois dans la forêt du domaine et qu'il a obtenu de la maîtrise de Rochefort le marquage de nombreux arbres vifs présentés comme morts des suites de l'hiver de 1709. Il craint la destruction de cette forêt où il a un droit de chauffage. 

Les fermiers ont donc installé des cultivateurs dans le prieuré. Il est regrettable que Charles David n'indique pas quand il y avait trois religieux. En effet, il semble que les trois chambres connues aient été aménagées pour eux. Toujours est-il que ces chambres existaient en 1638. Quant aux corps de plusieurs religieux inhumés dans la salle capitulaire, la tradition semble confirmée par la déclaration d'un monsieur Vivien, propriétaire en 1888, selon laquelle " il y a une dizaine d'années, deux tombeaux sculptés, aujourd'hui perdus, furent découverts dans le sol de cette salle " (la salle capitulaire). Voir année 1888.

1760 : Le prieur Joseph-François de Malide, prêtre du diocèse de Paris et grand vicaire du diocèse de Laon, fait dresser un état des lieux. Le procès verbal qui consigne les observations faites les 11, 12 et 13 mars de cette année, mentionne que " l'ancienne grande église, ruinée depuis longtemps, a gardé ses quatre murs, sa porte d'entrée, le clocher et une vieille cloche ", que " les lierres accrus sur les murs qui renferment le cloître du côté de la cour, joignant l'appartement du sacriste, couvrent toute la partie dudit mur et montent sur le toit de la couverture, qu'il est nécessaire de couper et enlever les lierres, crépir et griffonner pour en éviter la ruine ". Le réfectoire est converti en grenier, les prisons sont abandonnées depuis longtemps. Il est aussi question d'un " portail voûté " de l'église. 

A cette époque, l'église est donc réduite à ce qui en demeure aujourd'hui. 

1888 : La Commission des Arts et monuments historiques de la Charente-Inférieure fait une excursion à Trizay. Dans un rapport sur cette excursion, Charles Dangibeaud signale que le propriétaire, un monsieur Vivien, a dit que, " il y a une dizaine d'années, deux tombeaux sculptés, aujourd'hui perdus, furent découverts dans le sol de cette salle " (la salle capitulaire). Le réfectoire est converti en pressoir et " brûlerie ". Dangibeaud identifie dans un des écussons du réfectoire " les dix fasces ondées d'argent et de gueules des Rochechouart ".

carte postale ancienne de l'abbaye de trizay

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